Transitioning the world through collective intelligence
"Nous ne sommes pas un orchestre, nous sommes un projet, c'est le processus d'apprentissage qui compte ; le concert n'est qu'un bonus."
SPIRA MIRABILIS c’est un groupe de 51 musiciens, de 16 nationalités différentes qui exercent ensemble une démocratie réeelle. Un reportage très inspirant et une belle métaphore.
L’ensemble Spira mirabilis est en effet une formation récente et bien singulière. Sur leur site (http://www.spiramirabilis.com), on peut lire une sorte de table des lois, celle des commandements artistiques qu’ils ont adoptés :
1. jouer sans chef ;
2. étudier les instruments d’époque ;
3. prendre des risques ;
4. ne jouer chaque fois qu’une seule oeuvre ;
5. faire du concert une expérience participative.
L’ESPRIT :
La Spira Mirabilis est une figure géométrique qui a une caractéristique assez particulière : peu importe sa taille, il est toujours superposable à lui-même. De cette façon, même notre projet maintient son identité, quel que soit le nombre de musiciens qui y participent ou le morceau de musique qui est joué. Nous choisissons une musique de chambre ou un répertoire symphonique et nous travaillons à développer une interprétation cohérente et cohésive, vers lequel chaque musicien apporte une contribution significative.
Bien que beaucoup d'entre nous sont impliqués dans certains des plus beaux ensembles et orchestres en Europe, nous avons senti néanmoins la nécessité d'avoir un exutoire créatif dans lequel nous serions complètement en charge de la démarche artistique et ce qui pourrait nous offrir la chance de faire quelque chose de nouveau et de difficile, en dehors de nos configurations professionnelles habituelles.
Spira mirabilis est l'idée qui nous rassemble : l'étude de la musique : l'expérience et les risques ...
1 - Jouer sans chef
Il est relativement facile pour un groupe de bons musiciens de jouer ensemble sans chef d'orchestre. En fait, dans de nombreux cas le violon agit comme un conducteur, un repère dans les répétitions de l'orchestre.
D'autres groupes choisissent de ne pas utiliser de conducteur et incluent la seule contribution de chaque membre dans la restitution finale de la partition, pour l'amour de la démocratie, parfois au détriment de la cohérence.
Nous sommes à la recherche d'une troisième voie dans laquelle tous les musiciens créent une idée musicale unifiée, basée sur une façon commune de la lecture et l'interprétation du texte, une idée assez fort pour refuser toute entrée incohérente, mais aussi suffisamment souple pour inclure toute contribution qui pourrait enrichir le processus créatif. La raison pour laquelle nous prenons le temps de façonner et de travailler sur cette «pensée collective», c'est que nous pensons qu'il est digne d’écouter quelque chose qui est le produit des cerveaux et des cœurs au travail, par opposition à la pensée d'une seule personne menant une groupe de musiciens. Ce produit néanmoins, doit avoir une identité forte et cohérente.
2 - Etudier les instruments d'époque
Nous prenons le temps chaque année pour jouer un couple de projets avec des instruments d'époque (ce que nous avons fait jusqu'à maintenant a été de Haydn à Beethoven et Rossini sur des instruments classiques).
Tout d'abord, nous le faisons parce que c'est quelque chose nous apprécions vraiment, même si pour la grande majorité d'entre nous, c’est plutôt nouveau et stimulant. Nous souhaitons aussi le faire parce que nous croyons fermement que c'est une étape cruciale pour revenir à une expression juste sur nos instruments modernes.
3 - Prendre des risques
Nous travaillons pour être capable de réagir les uns aux autres en temps réel, en particulier dans les situations de concert. Quelqu'un prend une initiative et le reste du groupe réagit après lui, suite à un gout partagé de la musicalité.
Nous prenons beaucoup de risques dans ce que nous faisons et comment nous le faisons, et parfois cela fonctionne et parfois non, mais l'essentiel est que nous faisons toujours les choses pour une raison. Nous n’avons également jamais peur de changer nos opinions.
4 - Lecture d'une seule pièce
C'est une de nos expériences qui s'est avéré être plutôt réussi. Nous jouons une seule pièce dans nos concerts : à la fois pour concentrer nos énergies et l'attention du public.
Il est bon pour nous de consacrer beaucoup de temps à un travail et il est agréable pour les spectateurs de profiter d'une expérience d'écoute unique. Nous avons également remarqué que beaucoup de personnes à la fin de nos concerts étaient impatients de revenir, désireux d'écouter plus. C'était génial de voir qu'au lieu de saturer leur besoin pour la musique nous étions générateur d’élan.
5 - Le concert comme une expérience de partage
Quelque chose que nous disons souvent à notre public, c'est que, pour nous, le concert est juste un petit morceau d'un grand puzzle.
Nous n’y pensons pas comme quelque chose qui est terminé, mais comme une image de nous à un certain stade de notre maturation et de croissance. Partager cette image, c'est partager notre vision: être musiciens dans la manière la plus engagée et passionnée. Spira mirabilis ne suit pas le besoin d'un public précis : Spira mirabilis partage avec le public les raisons pour lesquelles il existe, et, en les partageant, il reçoit le public, lui-même impliqué comme partie active de son expérience.
Ils étaient de passage ce week-end à Paris, ils affichaient “complet”.
Que vous inspire cette expérience ?
Maryvonne
Ex violoniste et artiste.
VIDEO ARTE : SPIRA MIRABILIS joue la symphonie n°1 de Robert Schumann
COURRIER INTERNATIONAL
Quand un chef d'orchestre est interviewé sur le sujet
Comment
Comment by Mary on February 7, 2012 at 1:41pm Nous pouvons déjà nous entraîner dans nos groupes à révéler cette sensibilité d'écoute de l'ensemble ! Belles expériences !
Quand à Spira Mirabilis, pas de projets en France pour le moment, ils sont venus en fin d'année dernière.
Comment by marie thé carton-serrier on February 7, 2012 at 12:06pm bravo !! ca semble magnifique et pour les musiciens et pour le public ...
a quand un passage à Lyon ????
Comment by Roger Wielgus on February 5, 2012 at 3:40pm L'intelligence émotionnelle au service de de l'intelligence collective.
Comment by Mary on February 5, 2012 at 1:06pm Voici la suite de ce blog : "Participer à l'oeuvre collective en reliant coeur et cerveau"
Ou comment réussir dans nos groupes, qu'un ensemble de solistes se fondent suffisamment pour jouer ensemble ?
Comment by Roger Wielgus on January 16, 2012 at 8:41am Je trouve la métaphore intéressante si on fait un parallèle avec la politique. Un monde sans chef, c'est en fait la vrai démocratie et la fin du néandertalien en politique.
Par contre, je suis moins séduit par l'idée de l'oeuvre collective dans le domaine artistique.
En tant que metteur en scène, je ne crois pas beaucoup à la démocratie dans la création, qui reste pour moi un chemin solitaire, même s'il s'appuie, au théâtre, comme au cinéma ou en musique, sur une quantité de compétences artistiques. Le chef d'orchestre reste le catalyseur de toutes les compétences des interprètes.
Comment by Ferananda Ibarra on December 23, 2011 at 1:16am WOW!!! Much blessings dear Marie.
clement philippe commented on Christophe CESETTI's group TheTransitioners in Paris IdF (France)
Yves Tairraz posted a status© 2012 Created by TheTransitioner.org.
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